Une structure d'accueil pour migrants mineurs non accompagnés a ouvert dans le village de Villeneuve-Minervois fin août (voir article page 3). Il est réjouissant de voir que les campagnes peuvent elles aussi apporter leur pierre à l'édifice et s'organiser autour d'une valeur forte : la solidarité. Le Minervois est depuis longtemps une terre d'accueil. Ici pas un village sans habitant venant de la péninsule Ibérique ou de l'Italie. Différentes vagues de migrations ont marqué l'histoire de ce territoire, la plus connue étant évidemment celle des Espagnols fuyant le franquisme. Si les jeunes accueillis n'ont pas forcément vocation à s'installer dans le Minervois, la structure, via la participation aux événements locaux, cherche à ouvrir la voie de l'intégration avec les populations locales. Chacun peut ainsi découvrir l'autre et s'enrichir de nouvelles façons de penser. Ces Minervois, si propices à aller prêter main forte aux voisins lorsque les pluies cévenoles ravagent le territoire ou encore au vigneron blessé qui n'est plus en mesure de tailler ses vignes a la connaissance de ces gestes qui mettent du lien entre les populations. Aider et être aidé. Qu'attendons nous d'une relation, qu'elle soit amicale ou amoureuse, si ce n'est recevoir de l'amour, avoir de la reconnaissance ? Pour la question des migrants, il serait trop réducteur de la ramener à un problème économique ou de place en France et en Europe. On parle ici d'humains qui fuient des guerres et les atrocités qui vont avec. La non assistance à personne en danger est une infraction punie par la loi française. Cette loi est la traduction d'une de nos trois devises, la fraternité. Liberté, égalité, fraternité est une belle devise, encore faut-il la mettre en application lorsque cela se présente. Il est honteux de condamner quelqu’un comme Cédric Herrou pour avoir aider des migrants. Il y a la loi, certes, mais avant les lois, il y a les êtres humains et leur dignité. Imaginons un instant que nous soyons aussi confrontés à la guerre, nous serions nombreux à être heureux de pouvoir migrer de l'autre côté des Pyrénées (voire de l'autre côté de la Méditerranée) et ne pas être accueillis comme de potentiels ennemis, voire tout simplement chassés. Un jour c'est l'un, un jour ce sera l'autre. Cela peut devenir une histoire commune entre migrants et accueillants, comme une amitié qui se forge dans la difficulté et le soutien et la fondation de la solidarité entre les peuples. Nous sommes Minervois, nous sommes Français, mais nous sommes avant tout des humains.
Nicolas Faure