Comme malheureusement lors de chaque élection, la grande star des urnes se révèle être une fois de plus un taux d'abstention particulièrement élevé. Il faut dire que cette fois-ci, les strass et les paillettes sont de sortie avec un record pour la Vème République fleuretant avec les 68%. Les chiffres les plus élevés ont été relevé dans la tranche de population entre 18 et 34 ans avec plus de 80% d'abstention. Évidemment, les femmes et hommes politiques, comme la plupart des chroniqueuses et chroniqueurs traduisent tout bêtement cette tragédie démocratique par un désintéressement flagrant des citoyens de la politique. Ce raccourci n'est pas aussi évident qu'il n'y parait.

Après une période de confinement qui vient à peine de prendre fin (fin du couvre feu, du port du masque, réouverture des événements et des bars et restaurants) et une campagne de communication gouvernementale uniquement axée sur le COVID, pas surprenant qu'une grande majorité des français aient eu envie de « profiter » de cette première fin de semaine totalement ouverte. Après le matraquage de spots publicitaires sur les mesures barrières, il aurait été de bon ton d'en faire autant pour rappeler aux citoyens la tenue de deux votes simultanés. Personnellement, je n'en n'ai pas vu un seul. Ensuite, la plus grande partie des médias a misé la majorité de son temps d'antenne sur une insécurité qui ne relève d'aucun des deux paliers de gouvernance concernés (Région et Département) et il suffit de voir comment les « jeunes » ont été traité durant la crise, pour comprendre aussi un potentiel désintéressement total de leur part (étudiants au Resto du Cœur j'en passe et des meilleures).

Enfin, il faut préciser que bon nombre de professions de foi des différentes listes ne sont jamais parvenues dans les boîtes aux lettres des citoyens, sans parler des bureaux de vote qui ont ouverts en milieu de journée par manque d'assesseurs ou de bulletins de vote. Ce taux d'abstention record devrait plutôt sonner une alarme évidente en ce qui a trait à la légitimité de la constitution de cette Vème République très vieillissante qui ne correspond plus guère qu'aux idéaux d'une classe dirigeante tout aussi vieillissante. Je serai curieux de voir si un référendum appelant à une nouvelle constitution et donc une VIème République, connaîtrait des chiffres aussi pitoyables. Mais pour cela, il faudrait que la classe politique soit de nouveau (réellement) à l'écoute et soit prête à perdre ses « privilèges » au détriment du retour du citoyen au cœur de ses décisions et de la vie politique française.

Tristan Geoffroy