Le chemin est long, mais dans ce pessimisme ambiant autour de nos assiettes et du monde agricole, des acteurs de territoires s'énervent un peu autour de l'alimentation et commencent à se faire entendre. Pour faire autrement. Car de la terre à l'assiette, il y a de quoi devenir un peu schizophrène. Côté cuisine,
les collectivités embrayent doucement la vitesse supérieure vers une alimentation plus raisonnable. C'est loin d'être un luxe quand on se souvient de la teneur et de la saveur des plats de cantines. L'intendante passe au Net et les outils informatiques se développent pour se servir chez les producteurs de leur région. Côté champs, c'est loin d'être clair et facilitant, les producteurs bio voient leurs subventions se réduire et attendent très longtemps les versements. D'un autre côté les syndicats dominants réfutent les dangers d'une agriculture industrielle, encouragés par les politiques qui reculent face au lobby industriel. Cerise empoisonnée, les scandales des expertises et des conflits d'intérêts prennent le pas sur les réelles alternatives d'une agriculture sans danger et dont le rendement est prouvé assez performant pour nourrir la planète si on s'organise.

Catherine Jauffred