Le paysage médical change. Beaucoup de médecins ne veulent plus ni vie sacerdotale longtemps pratiquée dans les cabinets des libéraux, ni finir médecin de campagne en service dans de longues tournées à travers champs ou faisant face à des files interminables dans les salles d'attente. Avec ça, les nouveaux médecins ne veulent pas venir habiter dans nos campagnes telles que la nôtre, préférant rester proches des centres urbains, même s'ils aspirent à vivre en zone rurale. Galère. Les médecins du Minervois préparent leur départ en retraite. Après être partis en campagne à la recherche de remplaçants, ils battent en retraite. On a même vu des maires se déplacer jusque dans les facultés de médecine ventant les mérites de leur village. Les déserts médicaux avancent sûrement. Pour faire face, en guise de solutions s'ouvre la piste du salariat au sein de centre communal de santé. Les communes devenant les patrons, allégeant les médecins des tâches administratives. A l'époque du grand tout libéral,  voilà que nos supers docteurs en blouse blanche se retrouvent employés aux côtés de ceux de la fonction publique. Cette évolution s'accompagnerait-elle aussi d'un changement de pratiques de leur part influant sûrement notre rapport à la médecine ? Sous cette condition et contre un salaire bloqué, on comprend que les médecins veulent s'assurer une vie privée paisible et travailler un nombre d'heures raisonnable. Si ce petit monde jusque là habitué aux envolées salariales s'engage vers gagner moins et travailler moins, il faudra toutefois qu'en face l'offre reste amplement suffisante et assure ses objectifs. La santé est un service public. Mais vu la rareté du praticien on a de quoi s'interroger. Aujourd'hui pour plus de conforts, les tranches horaires travaillées du médecin diminuent, mais en même temps, les salles d'attente désemplissent. Avec plus de rationalité et de rigueur, il ne faudrait pas que la consultation médicale devienne une offre rare et limitée. On peut aussi observer dans certains centres médicaux la suppression des consultations sans rendez-vous donnant alors l'impossibilité de rencontrer son médecin quand son avis est pressant et sans vouloir abuser des services d'urgence.
Catherine Jauffred