Nos sociétés modernes et leur rythme effréné ont propulsé l'alimentation industrielle au premier plan depuis près d'un siècle. Produits surgelés, plats préparés, ou sandwichs ont fait le quotidien, faute de temps pour cuisiner. Mais la filière bio, depuis vingt ans, ne cesse de se développer. Si jusqu'il y a peu de temps la production bio était relativement réservée à un porte-monnaie pas trop démuni, il est possible aujourd'hui de trouver à prix égal du bio, même si c'est encore trop rare. Que la Région Occitanie décide de faire de la culture bio une priorité est une bonne nouvelle, pourvu que ce ne soit pas un feu de paille. C'est d'un modèle agricole dont nous parlons et donc de volonté politique. Plus le bio sera compétitif en terme de prix, plus la demande des consommateurs augmentera et fera boule de neige. Le seul pouvoir que les consommateurs ont face aux grandes industries de l'agro-alimentaire c'est leur façon d'acheter. Mais pour cela, il faut également que les pouvoirs politiques s'emparent de la question. Les aides à l'installation peuvent être une politique forte en direction des agriculteurs. En étant pragmatique, le bio a le vent en poupe et il serait aberrant de ne pas saisir l'opportunité économique qu'il représente pour une région, un pays. Et si économie et santé vont de paire, pourquoi s'en priver ? Une bonne alimentation est garante de la santé, c'est vraisemblablement le meilleur médicament que nous puissions trouver ! En effet de nombreuses études scientifiques font apparaître que pour certains antioxydants, comme les polyphénols, sont en quantité trois fois plus nombreuses dans le bio. Sans compter le fait que les nutriments présents dans les fruits et légumes industriels ont très nettement baissé en cinquante ans. Alors qu'est ce qui nous empêche encore de n'acheter que du bio ? L'argent pardi ! Car même si la différence de prix tend à se réduire, il n'en demeure pas moins que le budget augmente ostensiblement (entre 20 et 30% d'après le Biocivam 11). Si cette différence peut s'expliquer par le mode de production et les rendements plus bas que dans le conventionnel, ce type d'agriculture reste encore relativement peu soutenu par les pouvoirs publics. Le défi est d'en faire un mode de consommation abordable, pour le plus grand nombre, car c'est bel et bien une terrible injustice qui demeure. L'accès aux soins, à l'éducation font partie de la constitution ? Pourquoi pas l'accès à une nourriture non chargée de produits phytosanitaires ?
Nicolas Faure