Alors que le printemps approche à grands pas et que la floraison des amandiers nous fait prendre conscience de la chance que nous avons d’habiter le Minervois, nous avons tous dû remarquer depuis un mois l’augmentation du nombre de Camping-cars et de Motor-homes qui apparaissent sur nos routes. Pour certains, c’est un rêve devenu réalité, mais pour d’autres un cauchemar. Les Camping-cars sont de petits véhicules de la taille d’une camionnette, souvent des versions converties de leurs homologues commerciaux, mais beaucoup sont des originaux assez élaborés comme celui construit par Volkswagen. Ceux-ci ne devraient pas présenter trop de problèmes supplémentaires sur nos routes limitées. Les Motor-homes, quant à eux sont, comme leur nom l’indique, des maisons mobiles virtuellement motorisées, variant considérablement en taille et certaines presque aussi grandes que des bus. Certains remorquent même de petites voitures pour l’utilisation pratique de leurs propriétaires lorsqu’ils « déposent » leur maison à l’endroit choisi.

Le principal problème que représentent ces gros véhicules est que, s’ils peuvent être parfaits pour se déplacer d’un endroit à un autre sur nos autoroutes, ils sont un véritable danger sur les routes et les parkings de notre région qui n’ont jamais été destinés à accueillir de tels véhicules. Récemment, afin de dissuader ces véhicules de se garer dans leurs parkings, de nombreux magasins ont érigé des barrières de hauteur aux points d’entrée, limitant la hauteur de tout véhicule entrant à un maximum de 2 mètres. Même dans des lieux de beauté reconnus, comme le lac de Jouarres, de telles barrières empêchent ces véhicules d’entrer dans les parkings. Cela, à son tour, a obligé ces véhicules à être déviés sur des chaussées étroites, jamais destinées à des véhicules aussi gros, et à se garer aussi sur de grandes aires ouvertes immédiatement aux abords du lac. Ce faisant, ils restreignent l’accès aux voitures transportant des planches à voile ou petits canots, et même aux voitures amenant des invalides au bord de l’eau. On ne veut pas être juge et partie quant à savoir qui en a le plus besoin, mais nos autorités locales devraient réfléchir davantage à l’accueil de tels véhicules. Il ne faut jamais oublier, et les plaques d’immatriculation de ces véhicules peuvent le confirmer, que la majorité de ces véhicules viennent de toute la France et bien souvent de plus loin. Leurs conducteurs et occupants apportent un coup de pouce bien nécessaire à l'activité touristique, toujours plus nombreuse à l’arrivée de l’été, avec un pouvoir d’achat considérable dont dépendent nombre de nos commerces, artisans, cafés et restaurants. Notre région n’est en aucun cas surpeuplée et il existe de nombreuses zones vastes et désaffectées bordant nos villes et villages qui pourraient facilement être converties en aires de stationnement légitimes pour ces véhicules.

De cette façon, ces automobilistes qui ne souhaitent pas être enfermés dans des couloirs de circulation pourraient conserver leur liberté et des services de navettes pourraient les emmener au cœur de nos villes. Encore une fois, voici de potentielles créations d'emplois et des réductions assurées de ces désagréments créées par ces gros véhicules. Sur une note plus personnelle, on s’étonne qu’un nombre toujours croissant de personnes ayant envie ou souhaitant conduire de tels monstres, sans parler d’être réellement prêts à les acheter, souvent à un coût plus élevé que de nombreuses maisons. Selon certains, même avec l’augmentation des coûts du carburant, ces Motor-homes peuvent être utilisés comme une forme alternative permanente d’hébergement. Néanmoins, la prochaine fois que l’on rencontrera de tels véhicules, rappelons nous que le moindre retard que ces véhicules peuvent causer doit nous faire réfléchir sur nos besoins insatiables de vitesse et que parfois, il est plus rentable de perdre quelques minutes pour assurer des emplois bien nécessaires à nos concitoyens qui œuvrent dans le tourisme.

Alfred W.