Suède / France 2022

Réalisation : Tarik Saleh

Durée : 1h59

Avec : Tawfeek, Fares, Mohammad Bakri

Adam, fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meurt. Adam se retrouve alors, à son insu, au cœur d'une lutte de pouvoir entre les élites du pays. Ce film à suspens politique se déroule dans un lieu mythique. Le réalisateur qui nous embarque dans un thriller cherche à mettre à mal les attentes du spectateur en détruisant les clichés du genre par l’irruption de la réalité. C’est ainsi que les personnages prennent le relais de l’histoire annoncée et vivent leur propre vie. N’importe quel musulman écoutera toujours ce que le Grand Imam a à dire. De même, tout dirigeant en Egypte doit prendre connaissance de ses recommandations. C’est dans ce contexte que nous rentrons dans le vif du sujet. Un conseil religieux se réunit pour élire le nouvel Iman. Juste en face, se trouve le siège de la Sûreté de l’état. Ainsi, d’un côté le pouvoir religieux, de l’autre le pouvoir politique. Le chef de la Sûreté de l’état réunit alors tous ses officiers et explique que celui qui va remplacer l’Iman doit partager leurs idées. On désigne pour cette tâche un officier expérimenté. Ils n’ont personne à l’intérieur d’Al-Azhar, aucun informateur. Alors l’officier doit en trouver un. C’est ici qu’Adam entre en jeu. Il est recruté par le vieil officier. Impossible pour le jeune homme de refuser car, en Egypte, la Sûreté de l’état est crainte de tous. Ainsi, Adam et cet officier nommé Ibrahim, entrent en relation et entament une sorte de partie d’échecs. Adam commence à comprendre les enjeux de pouvoir. C’est une personne exceptionnellement douée, née au mauvais endroit. Toutes les personnes qu'il rencontre le sous-estiment du fait de son origine simple. En voyant Ibrahim, on imagine d’emblée qu’il a des problèmes de santé. Comme avec Adam, tout le monde sous-estime Ibrahim. Il a l’air de quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il fait. Mais il a compris avant tout le monde la stratégie du pouvoir et il est prêt à le laisser faire parce qu’au fond, c’est peut-être sa dernière mission. Évidemment, il ne le dit pas. Commence alors un jeu du chat et de la souris dont nous ne vous dévoilerons pas toutes les péripéties. Le prix du scénario au festival de Cannes n’est pas usurpé.

Jean Segonne