Il serait souhaitable qu’un jour les élus de village mettent en place une démocratie plus efficace du point de vue des citoyens et du territoire. Dans le même objectif, il serait souhaitable que les citoyens participent davantage à la vie démocratique de leur village. On peut observer aujourd’hui que les projets menés au sein des communes relèvent, au mieux, d’un travail concerté au sein du conseil municipal, au pire, de dossiers proposés par le seul maire et élaborés en partenariat avec certains administrés. Dans quasiment tous les cas de figure, la population ne participe à aucun débat, ne sait pas comment son village est aménagé ou comment est distribué le budget. Quand il est informé, dans le meilleur des cas par une réunion publique, il n’a, à aucun moment, été concerté. Ce qui est dommageable sur de nombreux points. Déjà, parmi la population on peut trouver des «sachants» et des compétents. Les associer permettrait d’éviter les erreurs d’appréciation ou le manque de recul dont font preuve parfois les conseils communaux. Un surplus d’imagination pourrait aussi servir la vie locale. Sans vraiment accuser les élus d’incompétence,
il n’est pas exagéré de dire qu’à cette échelle, il est difficile d’innover ou de faire du lien entre les initiatives. Les habitants, élus compris, gagneraient à être informés des projets des uns et des autres, les privés comme les publics. Chacun pourrait ainsi mieux se les approprier, les faire évoluer, les partager. Comme on peut le voir ces dernières semaines à La Livinière et à La Caunette, une partie de la population du village (certains vignerons seulement), est informée voire investie sur des projets de plantations de vignes sur des sites très appréciés de la population minervoise. Ces projets sont globalement rejetés et mal compris par de nombreux riverains. A aucun moment ils ont pu être informés de la transformation de leur environnement, des enjeux et des intérêts. En écoutant les protagonistes ont peut se rendre compte comment ces endroits sont considérés différemment par les différentes tranches de la population. Sauvages et impénétrables pour les uns, une richesse à la vue pour les autres. En faisant se rencontrer ces visions opposées et en provoquant du débat, l’intercompréhension s’inviterait alors au sein du village. Il pourrait alors être possible d’enrichir les projets et de les porter avec plus de réussite et plus d’adhésion.
Catherine Jauffred