Longtemps on a parlé d'alternatives. Alternative à la route pour le fluvial, alternative à la pompe pour les voitures électriques, alternatives aux pesticides avec l'agroécologie... Ces idées germées dans les marges de la société, pensées par les plus retors des premiers de la classe, fomentées en lisière ont glissé jusqu'au coeur de la cité. Les hippies actifs ou écolos énervés ont (il y a quelques décennies) osé affirmer que d'autres chemins seraient préférables en économie, éducation, agriculture, santé, alimentation... Ces poussées à contre-courant prévoyaient une dérive que les valeurs dominantes alimentaient. On les a pris pour des allumés et on les a relégués au temps de la bougie. Quand il a été question d'alerte, on a perçu leur créativité. Ces alternatives sont devenues des réponses aux problèmes engendrés par le système dominant. Aujourd'hui les générations montantes ont adopté ces valeurs et les poussent plus loin. Elles sont devenues maîtresses dans leur implication au monde.
Écoutons les jeunes?

Catherine Jauffred