Pas plus tard que la semaine dernière, le jeudi 1er octobre, en pleine reprise de la contamination du COVID-19 sur quasiment tout le territoire français, la chambre des comptes d'Occitanie a publié son rapport. Ses recommandations ? La fermeture de lits d'hôpitaux sur son territoire ainsi que la suppression de postes de médecins principalement dans le Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, 4ème établissement de santé français. Alors que le gouvernement n'a de cesse de répéter qu'il faut éviter de mettre le système de santé sous tension, ces recommandations paraissent totalement contre-productives. L'établissement toulousain est passé lundi dernier en plan « hôpital sous tension », impliquant la déprogrammation de 20% des interventions, des visites interdites et des patients refoulés des urgences s'ils ne présentent pas de « signes de gravité ».  Cependant, les éléments de ce rapport étaient bien antérieurs à la crise du coronavirus, puisque ce dernier a été rendu en janvier 2020 et présenté au conseil de surveillance de l'hôpital en juin dernier. Malgré un changement de contexte flagrant, la Chambre régionale des comptes d'Occitanie a tenu a précisé dans un communiqué de presse : « Le contrôle du CHU de Toulouse ne s'inscrit pas dans le contexte actuel lié à la crise sanitaire. Le contexte a changé après la crise d'ampleur du printemps dernier. Mais le message du rapport demeure : le CHU doit absolument être accompagné dans une restructuration immobilière par un financement national » tout cela afin de rester compétitif face à la compétition du privé. Étrange conception qu'un hôpital doit absolument être une entreprise rentable en pleine pandémie ! En 2019 en France, ce sont plus de 3400 lits d'hospitalisation complète qui ont été fermés contre seulement 1500 places d'hospitalisation partielle ouvertes pour les patients plus temporaires (nécessitant aussi moins de personnel), soit une baisse de la capacité d'accueil de 0,9 %. Malgré les manifestations des soignants et les applaudissements quotidiens de la population française, la situation de l'hôpital public ne s'améliore guère. Alors plutôt que d'imposer des contraintes de plus en plus difficiles à supporter tant économiquement que socialement, le gouvernement ne devrait-il pas faire le choix d'investir massivement dans la santé afin de permettre aux soignants et à la population française de respirer. Tant qu'à dépenser des milliards pour sauver les grandes entreprises françaises, si on sauvait d'abord les hôpitaux pour éviter de mettre sur pause tous ces pans de la société ?

Tristan Geoffroy