Une enquête du journaliste Pierre Rimbert (Monde diplomatique, mai 2017) met en avant comment (pour une partie) ce n'est plus les électeurs qui choisissent leurs candidats mais le contraire.
Son enquête met en évidence les méthodes pour aller draguer les électeurs. Base de données fines, recensement, recoupement, croisement... Certains partis politiques élaborent des programmes destinés à multiplier les voix. Pour ce faire, ils croisent les données sociales de la population. Les citoyens sont répertoriés en fonction de leurs comportements, de leur façon de vivre, de leur profession, etc.
A partir de ces groupes sociaux à plusieurs entrées, les partis créent leur petite cuisine en appliquant leur recette (obscure) : tel sujet pour les cadres, un autre pour les ouvriers, ou pour les chômeurs, etc. Madame Le Pen est la candidate qui a "couvert" le plus les agriculteurs, les ouvriers et les personnes âgées. Monsieur Macron est celui qui s'adresse principalement aux jeunes cadres (c'est tout ?).
En fin de parcours, la campagne électorale transpire de ces mélanges indigestes.
La confusion règne et la mayonnaise tombe.
En ce mardi, le discours de la veille de Marine Le Pen s'est dévoilé être un pur plagiat de celui de M. Fillon. Reprenant mot à mot l'ex-candidat, plus rien ne cache la mascarade. En sus, pour cette dernière semaine, quasiment toutes ses cartes sont rebattues. Sa volonté de recruter les dernières voix glisse dans l'incohérence.
Triste vision de cette élection présidentielle qui voit dans le duo ultime, un candidat donné gagnant avec des électeurs qui rejètent clairement sa politique, et un autre dans le déguisement total pour draguer large.
Catherine Jauffred