Quoiqu'on en dise, les inégalités ont été les fondements de la civilisation humaine : sociales, raciales, sexistes. Si nous ne sommes plus en Occident à l'ère de l'esclavage, les disparités subsistent malgré tout et de façon encore très marquée. Les actes xénophobes, sexistes sont monnaie courante. Le rapport d'Etat de 2017 "Vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes" montre tout le chemin qui reste à parcourir (voir page 4). Il est sans équivoque possible puisqu'il montre que 80% des femmes ont été victimes d'injustices à cause de leur appartenance au sexe féminin.
Si ce rapport montre une augmentation des faits de violences faits aux femmes, cette accentuation est tout de même à légèrement nuancer du fait de la recrudescence des plaintes posées après l'affaire Weinstein. La parole s'émancipe et l'on ne peut que s'en réjouir. Il semble malgré tout certain que les améliorations ne surviendront pas en deux ou trois ans mais, d'ici une ou deux générations, les avancées pourraient être considérables. Car les jeunes générations entendent le débat, les informations et auront probablement des comportements tout autre que ceux de leurs aînés. Si l'on prend comme exemple le thème de l'environnement, largement travaillé en milieu scolaire et débattu sur la place publique, on s'aperçoit que les enfants ont intégré cette notion profondément et elle ne sera pas exempte de leur réflexion citoyenne. On en revient toujours à l'éducation. Un enfant qui aura vu ses parents se partager les tâches ménagères, vivre sans violence, ou encore à qui l'on aura parlé du respect entre hommes et femmes, aura toutes les chances de ne même plus se poser la question de la différence. Evidemment, les pères ont un rôle prépondérant à jouer dans l'éducation de leurs enfants sur ce sujet. Rien qu’en étant “modèle”. En famille par exemple, lorsque l'on doit débarrasser la table, nombreux sont les petits garçons à être encore exemptés de cette tâche commune. C'est pour les filles, non ? Des détails qui en disent beaucoup sur les pratiques internes dans les familles. Si l'on ne cherche pas à éduquer autrement nos enfants, ces inégalités persisteront. Et puisque notre société a décidé de prendre à bras le corps ce sujet, peut-être pourrions-nous en profiter pour parler aussi des injustices dues à la couleur de peau, à la sonorité du nom ou encore au rang social. Parler de l'ensemble des discriminations serait un vrai progrès. Il faut croire que c'est en train de venir et espérer que cela ne tombe pas dans les oubliettes.

Catherine Jauffred