Cela fait maintenant plus d’un an que l’on a tenté de mettre en évidence les problèmes d’élimination des déchets et il est peut-être temps de regarder quelques alternatives et d’accepter que les solutions actuelles ne fonctionnent pas toujours. Admettons d’abord que notre région du Minervois dépende en grande partie de sa production de vin, de son tourisme, de son histoire et de sa beauté naturelle. Tout cela peut sans doute continuer malgré notre imprudence en matière d’élimination des déchets, mais est-ce vraiment ce que nous voulons ? Nous ne devons certainement pas laisser notre insouciance devenir un modèle pour nos enfants. Les maires locaux ont tout tenté de mettre en lumière les problèmes, allant même jusqu’à installer des caméras près des sites officiels d’élimination et de recyclage des déchets.

Mais depuis un an, notamment dans l’Hérault, le problème semble s’aggraver. La semaine dernière, j'ai pu assister à une triste scène où une dame âgée essayait de ramasser des papiers et des contenants de plastique jonchant le sol à côté d’un réceptacle prévu pour leur élimination. Il était évident que ces détritus avait été jeté à côté des réceptacles dans des sacs en plastique que les chiens et les chats errants avaient déchirés permettant au vent d'en disperser le contenu. Il est peut-être facile de pointer du doigt la paresse de certains individus qui avaient purement et simplement abandonné ces sacs, mais il ne faut pas oublier dans ce contexte que des décisions politiques ont été prises dans le domaine. En effet, il y a peu de temps dans l’Hérault, afin de séparer la gestion des déchets des autres dépenses fiscales, une redevance fixe semestrielle a été mise en place pour mettre à la libre disposition de la population une vingtaine de sacs poubelle sur présentation d’une carte, après quoi chacun de ces sacs déposés entraînerait une charge de près de 80 centimes. Oui ; il y a une certaine logique dans cette méthode mais elle ne tenait malheureusement pas compte des nombreux visiteurs de notre région qui eux n’avaient pas de telles cartes. De plus, ce système de tarification pénalisait à nouveau tout d’abord les membres les plus pauvres de la société.

En conséquence, on voit souvent des personnes passer dans l’Aude voisine pour déposer les ordures dans les grands conteneurs gratuits qui étaient autrefois le système en vigueur dans l'Hérault ! Il faut accepter que ce problème ne devrait pas viser les visiteurs « sans carte » ou les membres les plus pauvres de la société, nombre de ces derniers étant les membres les plus respectueux des lois. Nous devons tous accepter notre responsabilité, voire notre besoin, de continuer à recycler nos déchets, mais on peut se demander si le paiement des employés pour effectuer le recyclage dans certains dépôts centraux ne serait pas une méthode moins chère et plus sûre que celle en place actuellement. Peut-être que l’Hérault devrait repenser et peut-être collaborer avec le département voisin. A ce stade, on attirerait l’attention sur une faute qui ne peut être imputée au grand public. Les grands conteneurs non fixes de l’Hérault qui sont vidés chaque semaine à l’aide d’une grue ne semblent pas être nettoyés à l’intérieur ou à l’extérieur. Il suffit de passer n’importe quel site de leur emplacement pour voir à quel point ces conteneurs sont vraiment sales et insalubres.

En cette période de Covid, ce n’est pas une bonne image à véhiculer! Cependant, l’élimination des déchets n’est pas seulement un problème local et différentes méthodes expérimentales sont testées à l’étranger. Au Japon, il y a aussi un problème croissant de vieillissement de la population qui entraîne un problème toujours croissant de gestion des couches pour adultes. Des ingénieurs ont donc inventé une méthode par laquelle, ces couches séparées lors recyclage, peuvent être traitées dans une unité de stérilisation éliminant toute bactérie nocive puis sont ensuite séchées et transformées mécaniquement en pastilles de combustible. Dans la ville de Houki au Japon, une telle unité de traitement fournit chaque semaine suffisamment de granulés utilisés comme combustible pour chauffer un bain public.

Apparemment, le carbone libéré dans ce processus est beaucoup moins toxique que celui autrefois produit par la combustion du charbon ou du pétrole. Évidemment, il ne s’agit en aucun cas d’une économie d’argent, mais qu’il s’agit certainement d’une méthode révolutionnaire d’élimination. L’idée d’un tel processus peut initialement sembler horrible, mais c’est certainement une meilleure méthode que de jeter ces couches dans une décharge. L’énorme croissance de la vente de couches pour enfants et les problèmes liés à leur élimination ultérieure a donné lieu à une réflexion internationale sur cette méthode d’élimination car la mise en décharge devient elle-même un problème de plus en plus important. Est-ce encore un de ces problèmes trop désagréables pour être discuté mais qui doit pourtant être réglé à un moment donné dans un avenir proche ?

Alfred W.