Les classes uniques sont généralement une caractéristique du milieu rural. Les villages avec peu d'habitants et donc d'enfants ne peuvent pas ouvrir de classe par niveau. Aujourd'hui les classes uniques en France représentent encore environ 8% des écoles (contre 27% en 1970). Il faut distinguer les classes qui regroupent deux ou trois niveaux de celles qui réunissent tous les niveaux, de la maternelle au CM2 (comme c'est le cas à Ferrals-les-Montagnes, voir page 3) et qui sont encore moins nombreuses. Ces classes ont été créées faute d'effectifs suffisants. En 2002, Nicolas Philibert avec son documentaire "Etre et avoir" avait mis un coup de projecteur sur ces classes particulières et peu connues du public, surtout urbain. Le regard des parents sur ces écoles était généralement méfiant et on les accusait de donner un enseignement de moins bonne qualité. Pourtant, à y regarder de plus près, les programmes sont suivis de la même manière que dans les classes de niveau. Il est même étonnant de voir que les enfants reçoivent un apprentissage presque entièrement personnalisé. Evidemment, ce mode de fonctionnement demande plus de travail de préparation à l'instituteur(trice), sans compter que le rôle de directeur(trice) leur est souvent dévolu. Les principaux axes de travail pour l'enseignant(e) seront la différenciation pédagogique, les projets coopératifs ou l'apprentissage des pratiques de travail en autonomie. Pendant les travaux en groupe, les enfants développeront également l'entraide et le tutorat, des notions qui ont toute leurs valeurs. Comme toute chose, tout n'est pas parfait et des points peuvent être problématiques : tout repose sur un(e) enseignant(e) unique et donc ses compétences ; si les relations entre l'élève et l'instituteur(trice) sont mauvaises, elles risquent de durer au fil des années ; les compétences acquises comme la coopération ne sont pas forcément valorisées par la suite (collège). Mais dans une société où l'on parle de diversité et d'acceptation des différences, ces écoles ont toute leur place et développe des qualités variées et pas toujours fréquentes. De plus, d'un point de vue local, fermer ces classes pourrait être dramatique pour la vie du village. A Ferrals-les-Montagnes(comme dans d'autres villages du Minervois) où la population n'atteint pas les 200 habitants*, l'existence d'une école peut amener des familles à s'installer sur la commune et à développer la vie sociale. La plupart des habitants et la municipalité ont bien compris cela. Pas étonnant qu'ils en soient les premiers soutiens.
Nicolas Faure