L'idée est simple, dans un monde qui va très très vite et qui semble abolir les distances, la proximité et prendre le temps sont devenus des valeurs précieuses pour un grand nombre de personnes. Mais le monde est encore resté le même pour bien d'autres personnes. Il y a encore quelques matins nous croisions sur un stand de la Semaine du Minervois une dame plus que sexagénaire qui nous disait à quel point "son Minervois" lui importait (et son journal aussi). Dans cette logique et sans s'attribuer vergogne, l'attachement au territoire veut dire bien plus que le repli sur soi et le manque d'ouverture.
Il est pour la plupart une façon d'être quelque chose plutôt que rien. Un territoire correspond à des pratiques, des histoires, des habitudes, presque plus qu'un groupe de gens. Ainsi des petits journaux régionaux ont encore aujourd'hui leur place. A l'heure de la circulation de l'informations à la micro seconde et aux monnaies dématérialisées, il s'avère toujours primordial de pouvoir développer la presse locale. Elle est locale et donc unique et pas banale. Ainsi elle doit cultiver sa spécificité dans le même temps que les lecteurs et les habitants conservent et cultivent leur rapport spécifique à leur région. L'économie, la culture, la solidarité ne se font pas en dehors de l'action locale. C'est d'abord sur un bassin de vie que chacun tisse son réseau pour en vivre. D'amour et de fraîche. Et de ce bassin de vie bien vivant, le journal est un miroir. Ainsi La Semaine du Minervois aspire aujourd'hui à s'étoffer pour subsister. Augmenter la pagination et rapprocher la ligne éditoriale des contours de nos contrées restent une priorité pour passer le cap de des vingt ans. Avec toujours plus de questions et de débats qu'entameront avec nous les habitants.

Catherine Jauffred