En ces temps de confinement, nombreuses sont les informations et les faits rapportés par les médias et les réseaux sociaux qui font sourciller et qui ajoutent à la confusion et au chaos dans nos réflexions communes. Malgré quelques événements isolés, le confinement de la population française dans son ensemble a plutôt été une réussite et seuls quelques faits isolés, et bien souvent démultipliés inutilement, ont trouvé écho çà et là, déclenchant indignation et moqueries. Malheureusement, les principaux acteurs de la scène politique, sans parler des éditorialistes des plateaux télé, se sont emparés de ces incidents pour faire passer la population française pour une population immature et incontrôlable, justifiant ainsi un ton paternaliste et infantilisant.

La date du 11 mai approchant, les premières directives encadrant le déconfinement ont été dévoilées cette semaine par le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une allocution devant le parlement sur un ton sévère, aux limites de la menace. On peut certes comprendre la difficulté à résoudre une équation impossible entre santé publique et crise économique, mais on ne peut pas dire que les réactions du gouvernement, depuis le début de la pandémie, aient fait preuve de cohérence et d'homogénéité. Qu'il s'agisse de l'utilité des masques, des tests et des différentes autorisations et interdictions, l'amateurisme de la communication gouvernementale a plutôt induit un réel sentiment d'incrédulité auprès de la population française. Dans un sondage BVA réalisé pour Europe 1 et Orange, publié mardi et réalisé avant la prise de parole d'Edouard Philippe, seuls 28% des Français exprimaient leur confiance à l’égard de la manière dont le gouvernement gérait la crise. Un score plutôt inquiétant à la veille du tant attendu mais tant craint déconfinement.

Alors pourquoi ne pas faire confiance au bon sens et à l'intelligence de la population ? Aucun d'entre nous n'a envie de faire courir des risques inutiles ni de mettre en danger autrui pour quelques envies réprimées. Après la distribution de plus de 900 000 amendes pour des bris de confinement, il serait peut-être temps que le gouvernement encourage positivement les Français à retrouver un quotidien un peu plus normal, mais responsable. Reprendre le travail et les études certes, mais un peu plus de logique dans les mesures et elles seraient probablement mieux acceptées. Quand on autorise les Français à se serrer dans un métro mais qu'on leur interdit les balades en montagne et sur les plages et qu'on ne peut reconnaître avoir commis des erreurs malgré leur multiplication flagrante (non report des élections et autres), le ton paternaliste du gouvernement ne peut susciter que méfiance de la part de la population. Légitime alors que cette dernière, « comme un enfant », n'affiche que doutes et remises en question sur des sujets qui devraient être gouvernés par le bon sens, la science et la logique.

T.G