On y est, les vignes perdent leurs feuilles et les frimas premiers du solstice de décembre font frissonner tout le monde. C'est le froid qui te prend l'épiderme. Pourtant les pluies d'automne n'ont pas encore séché et tous ceux qui ont pris l'eau en octobre tentent de retrouver une vie décente. Les vignerons se remontent les manches. Ils arrivent de toute la France pour quadriller les différents terroirs dévastés et remonter le vignoble. D'un autre côté, de nombreux fonds sont mobilisés et toutes les collectivités ont débloqué des budgets pour les compléter. De nombreux artistes montent sur scène pour en récolter d'autres. Pourtant entre les filets passent déjà quelques personnes, cas oubliés. Parmi nos voisins proches, des sinistrés de l'Hérault n'ont pas reçu d'aide d'urgence aux personnes comme tous les Audois. Ce n'était pas la quantité de perte qui faisait la différence mais simplement le département de référence. Entre autres omissions aussi, des associations pourraient bien se retrouver sans pouvoir travailler alors qu'elles mêmes assuraient sur les territoires des actions de solidarité ou d'entraides. Si les vignerons audois seront bien aidés via l'Association audoise des vignerons sinistrés, espérons que les parties héraultaises ne soient pas laissées pour compte comme les particuliers. Les collectivités sont les premières à interférer entre les budgets mis à disposition par l'Etat et les sinistrés. C'est ainsi qu'on peut imaginer qu'il s'agit d'abord de dossiers à remplir et de critères à respecter. Par conséquent, certains vont passer à côté des cadres et ne rentreront pas dans les clous. Ils auront juste quelques fins gilets jaunes pour se couvrir à l'arrivée de l'hiver.
Catherine Jauffred