Azillanet, Puichéric, Homps, Oupia, Argens, Félines, La Caunette… Dans ces communes, des groupes de candidats se sont présentés avec des projets différents et novateurs :
la communication et la concertation au cœur de leur méthode, et dans les axes de travail, des projets écologistes de rénovation urbaine, de développement économique, circuits courts, travail collaboratif, etc. Autant de visions nouvelles de la vie dans un village. Ces derniers ont réagi de bien différentes manières à ces listes et à leur programme. Dans quelques villages, la confiance a été gagnée et les listes ont été élues avec grand succès. Elles pourront alors mettre en place une démocratie rurale expérimentale. Dans d’autres, un front s’est mobilisé pour faire barrage. Qu’avaient-ils à perdre ces villageois ? L’inaction régnant ? Des conseils ou tout était décidé à l’avance, des travaux dédiés à des salles polyvalentes, de la voirie ou autres projets plus techniques que “service public” ou culturels. Certes des projets nécessaires, difficiles, longs, coûteux et contraignants. Dans ces villages “on” n’y a pas cru, “on” a eu peur. Et le monde s’est pressé, est venu voter parfois avec agressivité contre tout ce qui était considéré “nouveau”. Des villageois ont revendiqué vouloir voter pour des gens de “souche”, d’autres n’ont pas hésité à se considérer être “des purs”. Qu’est-ce qui les a effrayés ? Faire revivre des jardins de villages, ouvrir des maisons de centre villages, le tout “réquisitionnés” ai-je entendu... Tout un vocabulaire de fermeture, de clans, de rejet et de peur dans ces municipales a repris forme. Alors comment faire “bien” vivre des villages qui se mélangent malgré eux ? Plutôt qu’un front (inéluctable) qui pourrait se monter les uns contre les autres, où l’on considérera que quelqu’un qui n’est pas natif du village est un danger potentiel est ignorant de la cause rurale, un “pelut” idéaliste, ou qu’un conservateur restera rigide et fermé à vie, il serait plus constructif d’informer, d’échanger et de comprendre. D’ouvrir sa et les consciences.
Comprendre ce qu’il y aurait de bon à échanger, à changer pour que chacun puisse toujours avancer et se questionner.
On aura besoin de tous pour faire avancer les causes écologistes, économiques et sociales.

Catherine Jauffred