Le climat du printemps 2018 aura été dans toutes bouches des Minervois. Après trois années consécutives de sécheresse, la pluie s'est invitée de façon régulière faisant en premier lieu le bonheur des agriculteurs. Oui mais voilà, l'état dépressionnaire qui a plané au dessus des têtes des habitants du sud s'est prolongé longuement. Avec la montée des températures, l'humidité ambiante a été le terrain favorable au développement des maladies comme le mildiou et maintenant l'oïdium. Pour ne rien arranger, les rangs des vignes étaient impraticables et n'ont pas laissé la possibilité de traiter. Pour les vignerons qui essuient chaque année une calamité (gel tardif, grêle et maintenant mildiou), cela commence à faire beaucoup. Si tous ne sont pas concernés, nombreux sont ceux à avoir été impactés chaque année. Le désarroi se lit sur certains visages et les paroles deviennent fatalistes car s'il y a bien une chose sur laquelle le viticulteur ne peut rien, c'est le temps. Les années successives de sécheresse puis de pluie peuvent ne rien avoir d'exceptionnel pour le climat méditerranéen, mais on sent que la question du dérèglement climatique commence à interroger, même les plus sceptiques. Si le Languedoc a été marqué par les intempéries, il en va de même dans le Bordelais où des milliers d'hectares ont été touchés par la grêle quand le nord a connu de la Bretagne à l'Ile de France des inondations. Y faut-il voir la conséquence du réchauffement climatique ? Dans un article du monde du 4 juin le climatologue Hervé Le Treut disait “qu'il n’est pas impossible qu’il existe un rapport entre le réchauffement climatique provoqué par l’humain et la fréquence des orages, mais les tendances ne sont pas encore bien claires”. Prudence donc sur les causes. Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), de son côté, affirme par contre que l'intensité des pluies est en étroite relation avec le réchauffement : “la quantité d’eau disponible à la condensation est supérieure, et le cycle de l’eau est accéléré. Les pluies extrêmes sont donc favorisées”. En attendant le soleil est présent, propice au tourisme.
Nicolas Faure