Heureusement que l'actrice Corinne Masiero (Capitaine Marleau entre autres) a donné un peu de « peps » à cette 46ème cérémonie des Césars devant une salle bien remplie. Il faut dire que l'on a du mal à comprendre comment « on » peut autoriser un si grand rassemblement culturel de l'entre soi dans une si grande salle alors que tous les autres sont officiellement interdits… Le geste de l'actrice qui s'est présentée nue avec les mots « Rend nous l'art Jean » écris sur le dos a bien évidemment fait parler d'elle. Il faut dire que la soirée avait commencé fort avec une introduction de la maîtresse de cérémonie Marina Foïs, visant clairement les incohérences du gouvernement, opposant avec justesse le remplissage des supermarchés et l'ouverture des lieux de culte et le vide criant et la fermeture des musées, des théâtres mais surtout des salles obscures. On le sait toutes et tous, la culture n'est pas la seule à être impactée par la crise sanitaire. En revanche, c'est bien la seule qui, selon une étude récente ComCor supervisée par l'institut Pasteur, subit tant de contraintes alors que le taux de transmission du virus en ces lieux est le plus bas en comparaison des autres. En effet, « Les premiers résultats montrent que les lieux avec du public, dès lors que le port du masque et les gestes barrières sont respectés, ne présenteraient finalement pas autant de risque que ce que l’on pensait. » Les chiffres sont éloquents. On se contaminerait 6 fois moins dans une salle de cinéma que dans une classe d'école. Comment donc continuer de justifier la fermeture des lieux culturels après un tel postulat ? Alors que presque toute l'Europe est confinée ou se reconfine (c.f. L'Italie), la France elle, continue de croire en une embellie malgré des chiffres d'occupation des services de réa en hausse constante et la reprise de l'exode forcé de malades des grands centres urbains, notamment de l'île de France (qui compte un quart des malades en réa du pays). Un an après le premier confinement, la confusion et les incohérences sont toujours là et le pays lui continue de souffrir d'une communication gouvernementale destinée à s'autocongratuler alors que la France demeure un des pays où la gestion de la crise est la plus critiquée.

Tristan Geoffroy