J’ai toujours pris plaisir à lire, à l’époque, les éditos de Philippe sur les tribulations de La Poste. Créateur du journal et aux commandes du navire pendant près de 15 ans, il a subi, comme nous le subissons, les aléas de la distribution du courrier postal.
Et régulièrement, il en faisait état, judicieusement, pointant tous les dysfonctionnements. Avec nos petits moyens, nos tarifs ne peuvent imposer une distribution prioritaire. Alors, on tire la langue et on s’arrache les cheveux face à la récurrence du retard de courrier. Sans pouvoir agir et pourtant en payant chaque mois ! Très souvent votre journal n’arrive pas dans votre boîte le jeudi alors que nous le déposons bien tous les mercredis matin à la plateforme de Béziers. Ce service (public par essence dans notre pays) est passé en régime société depuis 2010. Conséquence directe, La Poste a dû modifier les conditions de travail et développer sa petite démarche d’entreprise. Petit à petit, l’esprit de service public qui faisait la fierté des facteurs s’est érodé, a été proscrit, interdit. Le travail pur et dur de distribution ne peut, lui non plus, bien se faire. Aujourd’hui encore, les tournées des facteurs sont réorganisées. Dans leur langage, cela équivaut à la suppression de postiers et de tournées, puis à une répartition du parcours vacant sur les tournées des collègues. La raison officielle est la baisse régulière du courrier. Pourtant, si le courrier régresse, les colis se multiplient, le nombre de boîtes aux lettres est stable, voire augmente dans certains secteurs ruraux. En somme, le travail est toujours aussi lourd. Pourtant, régulièrement, on charge chaque facteur un peu plus. Mieux, on le chronomètre dans ses missions.
Ainsi, le courrier n’a plus le temps qu’il faut pour arriver jusqu’à vous et les facteurs sont au bord de la crise.
Catherine Jauffred