Au cours des deux dernières années de la pandémie de Covid, les gouvernements occidentaux ont semblé se disputer pour savoir qui pourrait fournir la plus grande aide financière aux entreprises et aux particuliers. Tous les citoyens s'attendaient cependant à des difficultés financières ultérieures, peut-être en raison d'un rattrapage de la fiscalité sous ses diverses formes. Ce fait, la plupart des gens l’ont accepté comme une réalité et y ont vu probablement le seul moyen de contrer et de réduire la dette massive que tous les pays avaient contractée. Encore une fois, cette solution était présentée comme la seule méthode pour éviter que cette dette et les intérêts subséquents ne s’accumulent simplement et ne soient transmis à nos enfants à une date ultérieure. Tout cela semblait logique, puis le monde a été confronté au déclenchement de la guerre en Ukraine. Soudain, le mot « prudence » parut disparaître de notre vocabulaire. Une fois de plus, nos gouvernements, y compris celui des États-Unis d’Amérique qui avaient eux aussi accumulé des dettes « covidesques » bien au-delà de ce que la plupart des nations pouvaient envisager, ont commencé à se faire concurrence dans leurs déclarations de soutien à l’Ukraine, tant financièrement que sous la forme d'aide militaire, qu'elle soit chère ou sophistiquée. Personne, un instant, ne s’opposerait à ce qu’une telle aide soit accordée à l’Ukraine, mais il y a un certain cynisme dans le fait que cela doive se produire exactement au même moment où des élections importantes se déroulent en France et en Allemagne. Il en va de même pour Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni et Joe Biden président des États-Unis, qui luttaient tous deux pour conserver le soutien populaire dans leurs parlements à la suite d’événements nationaux en leur défaveur. Bien qu’une telle action de soutien à l’Ukraine soit des plus admirables, n’oublions pas nos propres hommes et femmes ordinaires qui, bien qu’ils aient pour la plupart un emploi, luttent actuellement pour subvenir aux besoins de leurs familles en raison de l’inflation et d'une nouvelle concurrence pour de nombreux produits en raison des approvisionnements limités en cette période dus au conflit européen.

Pourquoi a-t-on laissé cet arbre à argent magique dépérir alors que nos propres citoyens sont souvent dans des situations aussi désespérées que de devoir décider s’ils peuvent mettre de la nourriture sur la table ou se chauffer et éclairer leurs maisons? Encore une fois, on retrouve des gens qui n’auraient jamais pu s’imaginer être dans une telle situation, devant recourir, pour un nombre grandissant, à des banques alimentaires caritatives. Il ne faut pas oublier que tout cela se produit alors que nos politiciens prennent ces décisions à partir de leur confortable position, grassement rémunérés, tout en continuant d'avoir toujours plus recours à des fonds de dépenses dépassant parfois eux-mêmes nos salaires moyens. Peut-être est-il temps pour nous de faire pression sur nos politiciens qui dépendent de notre soutien, de fournir un peu d’engrais à cet arbre à argent magique afin qu’il puisse apporter une aide plus locale, surtout jusqu’à ce qu’une certaine forme de stabilité mondiale soit à nouveau établie.

Alfred W.