Le Minervois est depuis toujours à cheval entre les départements de l'Aude et de l'Hérault. À l'heure des mesures sanitaires de tous acabits, avoir quelques libertés de plus devient un véritable luxe et certains français n'y sont clairement pas insensibles. Alors que l'Aude échappe encore au couvre-feu (mais pour combien de temps?), ce n'est pas le cas de l'Hérault sujet à des restrictions bien plus strictes. Les touristes, qui ont bien entendu les recommandations du gouvernement les incitant à voyager durant les vacances (encore une grande preuve de cohérence alors que le mot confinement est sur toutes les lèvres), ont déferlé sur les établissements hôteliers de l'Aude. Les premières questions : « est-ce que les restaurants sont ouverts ? Peut-on sortir après 21h ? » Alors que le acteurs de la santé réclament à corps et à cris des mesures encore plus sévères, les départements moins « rouges » que la moyenne nationale se voient envahis de vacanciers issus de ceux qui sont plus écarlates. Limiter la circulation du virus vous dites ? La communication gouvernementale, catastrophiquement chaotique depuis le début de la crise, continue donc sur le même modèle à coups de messages totalement contradictoires et incompréhensibles pour le plus novice des citoyens jusqu'au plus émérite docteur en épidémiologie. Un confinement à la maison, mais en obligeant les citoyens à travailler et à envoyer leurs enfants à l'école se profile à l'horizon. On parle aussi d'un éventuel couvre-feu la fin de semaine. Bref, de nouveau, c'est métro, boulot, dodo et plaisirs à zéro.

Mise à jour post déclaration présidentielle : bon, cette fois-ci c'est acté, c'est donc reconfinement pour tout le monde dès ce soir. Mais en revanche, les enfants continueront d'aller à l'école et les parents au boulot sans d'autre échappatoire possible. Une vie dédiée uniquement au travail, à la vie de famille (en comité restreint uniquement) et à la consommation pour un mois au moins (si ce n'est 3 tel que prévu déjà par certains). Rien de tel pour faire imploser un pays qui était déjà au point de rupture sociale avant la crise de la COVID-19. La population française sera t-elle aussi docile que précédemment? À suivre...

Tristan Geoffroy