L'alimentation est au cœur de l'actualité. Comment nous nourrissons-nous ? Comment vivent les agriculteurs ? Qu'avons-nous dans nos assiettes ?
Le dernier épisode médiatique
où le beurre avait disparu des rayons des supermarchés a une fois de plus montré un modèle économique peu viable à tous les étages. Les producteurs de beurre ont entamé un rapport de force avec les grandes enseignes pour que le prix d'achat de leurs produits soit revalorisé.
De nombreux agriculteurs sont pris dans l'étau des grandes surfaces qui dictent les prix. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, un agriculteur sur trois vit avec moins de 400 euros par mois et un sur cinq perd même de l'argent en exerçant son métier. No comment. Le consommateur, de son côté, cherche en permanence à trouver le meilleur prix, histoire de ne pas trop plomber son porte-monnaie. Les prix ont été tirés vers le bas pour redonner du pouvoir d'achat aux ménages, mais hélas aux frais de ceux qui font que nous garnissons nos assiettes chaque jour. Pendant ce temps là, les marges des grandes surfaces ne baissent pas. Le pire, c'est que les crises agricoles (laitière, porcine, etc.) sont les symptômes d'une précarisation des exploitations et, par extension, fragilisent de nombreux territoire ruraux.
Pour tenter de sortir de ce marasme, de nouveaux modèles sont sortis de terre et notamment les circuits-courts ou encore les groupements d'achat. Le principe est simple, limiter les intermédiaires. Tout le monde est gagnant. Le producteur valorise ainsi sa marchandise et peut mettre en avant la qualité de ses produits, son mode de culture ou d'élevage et évidemment gagner de l'argent. Le consommateur, lui, va payer moins cher et savoir exactement ce qu'il va mettre dans son assiette, sans parler de la qualité qui est bien souvent supérieure à celle des grandes surfaces. Et si on parle d'environnement, manger local c'est éviter aux fruits et légumes d'avoir un bilan carbone trop lourd. Se nourrir ne sert pas
qu'à remplir l'estomac mais est aussi un geste politique.
Le consommateur a un immense pouvoir : de son mode de consommation peut dépendre un modèle économique. Ce sont des actions qui demandent plus de temps car on ne peut pas tout acheter au même endroit, mais elles ont du sens et pourraient remettre l'agriculteur au cœur de notre société, comme les aliments sont au cœur de nos assiettes et de notre quotidien. La ruralité ne s'en trouverait que plus valorisée.

Nicolas Faure