Ce qui est reconnu par les visiteurs du Minervois, c’est tout d'abord la gentillesse et la courtoisie dont ils sont l’objet et surtout les enfants. Cela n’arrive pas par hasard et il faut en donner le crédit à tous les établissements d’enseignement, à commencer par l’école maternelle. N’oublions jamais cependant, que ces attributs proviennent également de l’environnement familial et que c’est quelque chose dont toutes les écoles et les parents devraient être fiers. On peut visiter la région pour profiter du soleil ou même du vin, mais ces caractéristiques particulières sont reconnues internationalement. En arrivant dans la région depuis l’Écosse pour m'y établir il y a plus de 15 ans, je n'ai jamais pu oublier le passage des enfants en route vers l’école maternelle de Cesseras qui nous accueillaient tous avec un simple mais si agréable « Bonjour madame et monsieur. » Aussi simpliste que cet acte de politesse puisse paraître, pour un Écossais et sa femme, en plus de la chaleur avec laquelle ils ont été accueillis dans la communauté, était quelque chose qui manquait malheureusement dans la société écossaise moderne.

Récemment cependant, les actes de courtoisie et de gentillesse ont volé en éclats lors d’une visite dans un supermarché de Lézignan-Corbières. À 12h30, le magasin était relativement calme mais de longues files d’attente s’étaient accumulées aux caisses à cause d’un problème électrique avec les caisses enregistreuses qui n’acceptaient plus les cartes de crédit.   Alors qu’ils se tenaient dans une file d’attente d’environ huit acheteurs, deux jeunes garçons d’environ 8 ou 9 ans sont entrés dans le magasin et ont ramassé deux bananes. Ils étaient extrêmement polis et ont essayé d’accéder à une caisse. Une femme a essayé de les diriger vers une file d’acheteurs qui avaient plusieurs gros chariots remplis de produits. Alors que les enfants s’approchaient d’un homme d’environ 40 ans avec son chariot, presque incrédule, l’homme s’est tourné vers ces enfants portant seulement deux bananes et leur a indiqué la place à prendre vers la fin de la file d’attente. Plusieurs acheteurs locaux ont été étonnés voir dégoûtés par la réaction de cet homme, à tel point que l'un d'entre eux a attiré l'attention d'un vendeur sur le sort des deux jeunes. L’assistant a alors pris les enfants à part et leur a permis de payer et quitter le magasin. Ce sont des actions comme celle-ci qui jettent le discrédit sur tous. Ce personnage, avait-il oublié qu’il était autrefois un enfant ? En quittant le magasin, on a eu le malheur de rencontrer à nouveau cet homme alors qu’il montait dans sa camionnette couverte de publicités pour la nourriture pour chats et chiens. On ne peut qu’espérer qu’il traite ces animaux avec plus de gentillesse qu’il n’en a accordé aux enfants. Cependant, que cet acte ne soit en aucun cas considéré comme une illustration de l’action des Lézignanais. Le même jour, dans un autre supermarché de cette ville, on a eu le plaisir d’assister à un autre acte qui a totalement restauré la foi dans la communauté. À une caisse, on a vu un agent de sécurité s’avancer pour aider une veille dame invalide à déballer ses courses sur le tapis roulant à la caisse et ensuite l’aider à recharger le chariot attaché à son fauteuil roulant et l’aider du magasin à sa voiture en attente. Ce gardien a également été vu à plusieurs autres reprises aider des mères avec de jeunes enfants, bien au-delà de ses fonctions normales.

Je n’a jamais oublié que c’est un acte de gentillesse et d’extrême bravoure d’une famille française du nord du pays qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, a sauvé la vie du père blessé de votre humble serviteur, puis qui l’a introduit à une société française, qui à l’époque, était prête à risquer sa propre vie pour aider les autres. Arrêtons nous un instant chaque jour et pensons à la chance que nous avons de vivre dans cette belle région et réfléchissons à la façon dont nous pourrions nous aussi montrer un peu de courtoisie envers d’autres moins fortunés que nous. Illustrons aux visiteurs venus d’ailleurs de France et d’outre-mer qu’un geste d’imbécile ne reflète jamais les gens de notre région.

Alfred W.