L'été et les vacances sont enfin là. Cependant, tout semble avoir un goût étrange, un parfum inhabituel, comme si quelque chose rodait, prêt à ruiner tout espoir de retour à une vie normale, à un été serein. Malgré la fin du confinement et la suppression de certaines mesures de sécurité sanitaire, difficile de ne pas tendre l'oreille dès qu'on entend parler de Covid-19, des variations du R0 de sa région (degré de transmission du virus), ou de potentiels nouveaux foyers de contamination. Cet été a pour certains un arrière goût, même s'il apparaît identiques aux précédents. Que ce soit au niveau économique par la crainte de perdre son emploi ou de ne pas en retrouver un, au niveau de la santé par peur de contracter ou de transmettre le virus à ses proches vunérables, ou tout simplement au niveau psychologique en imaginant une éventuelle seconde vague qui imposerait de nouveaux confinements. Dans l'absolu, plus rien ne l'est... absolu. Tout n'est que suppositions, estimations, projections sans la moindre idée de ce que nous réserve les mois à venir. Jamais l'occident n'avait autant navigué à vue. Alors, entre embrasser aveuglément tous les plaisirs que la nature nous offre afin d'oublier les maladies qu'elle nous réserve ou se cloîtrer en essayant d'éviter au plus ceux pour qui le virus n'existe plus. Difficile de tomber la garde et de laisser son esprit voguer au grès de la chaleur et du chant des cigales.

Tristan Geoffroy