On vous a concocté pour les fêtes une liste de producteurs dont les produits sont à vendre dans des points de vente spécialisés en produits locaux. Ces producteurs pourraient alimenter vos menus. Il y en a d'autres… Beaucoup, parmi eux, sont des personnes revenues d'une autre vie et qui s'emploient à semer, transformer ce qui, il y a encore quelques années, ne se faisait plus du tout ici. Du maraîchage, des bonnes miches, des marrons, de l'élevage. Notre liste, loin d'être exhaustive, permet de mettre en exergue qu'après cent ans de monoculture, le Minervois mute. La relocalisation de nos achats est une injonction globale : politique, économique et surtout écologique. Elle est peut-être encore trop en marge eu égard aux étalages indécents de nos supermarchés, mais elle est responsable. Et il va sans dire que ce ne sera jamais assez, ce ne sera jamais suffisant pour stopper cet emballement climatique dû à des sociétés productivistes et énergivores. Mais c'est le minimum que nous puissions faire, chacun ici-bas dans nos campagnes. Il n'empêche que l’intérêt global, celui de l'état du monde du vivant, n'a jamais été si proche du plus local de nos intérêts : notre assiette, notre corps et le partage. Ce nouvel intérêt à produire et à consommer local dévoile de nombreuses vertus. Cet élan relance des petites filières et des anciens métiers, lutte pour la biodiversité, rapproche les gens, crée des réseaux, rééduque nos papilles et nos connaissances du milieu… Loin d'être une solution, l'économie de ces producteurs, si infime soit-elle, constitue une des réponses efficientes. C'est tout bon ! En tout cas, profitons sans mauvais profits.

Catherine Jauffred