Retour de Ferrals-les-Montagnes, ça discute autour des stands.
Pour l’apiculteur, c’est sa plus mauvaise année. “Mais c’est la plus mauvaise année de tous les temps en France !”. Rétorque-t-il ! Hum. Le producteur de fruits s’en mêle : “j’ai des punaises maintenant qui me sèchent tout. Je n’avais j’amais vu ça”. Dans son jardin les pommes de terre sont elles aussi asséchées par une autre bestiole. Lui a observé un dérèglement climatique depuis six ans.
Des hivers trop chauds, des printemps trop froids, des étés trop secs. On dit “trop” par rapport aux cycles de la nature.
La floraison et la fructification ne peuvent plus se dérouler comme le cycle le prévoit. Alors tout est dévarié. Il suffit alors d’aller sur un marché de producteurs pour repartir un peu miné. Content d’en trouver de plus en plus, mais potentiellement inquiet. Alors que les paysans prolifèrent et que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir se servir chez eux pour nous alimenter, on se demande, à les entendre, comment la vie paysanne va-t-elle pouvoir survivre. Et par là même, les marchés et donc, nos paniers.
On ne doute pas de la capacité des agriculteurs à s’adapter aux temps et aux aléas du climat. Mais tendre l’oreille vaut le détour afin de saisir la réalité de nos territoires.
Aujourd’hui dans les filières qui forment les futurs viticulteurs, on leur explique que pour s’assurer un futur agricole dans le territoire, faudrait penser à planter des herbes médicinales. C’est que tout est un peu malade. Clair !

Catherine Jauffred