Au cours des dernières années, nous avons vu de grands progrès dans l'amélioration des capacités des réseaux de communication. Il est désormais admis que plus de la moitié de la population d’Europe occidentale possède et utilise régulièrement des téléphones portables pour communiquer avec leur famille et amis, ainsi que pour parler directement avec des collègues de travail et des employeurs. Ajoutez à cela l’utilisation d’ordinateurs, et nous constatons que presque tous les gouvernements l’ont accepté comme une alternative valable au travail de bureau ; à tel point que cette méthode de travail a parfois été inscrite dans la loi. Plus récemment, c'est l’avènement du Code QR (code à réponse rapide) qui s'est imposé avec par un triste exemple, la vérification de notre statut vaccinal. Mais l’utilisation de ce système de communication codé s’est maintenant tellement développé qu’il est presque impossible d’exister confortablement et normalement sans lui. En entrant dans les hôpitaux et certains autres lieux, nous sommes tenus de présenter ce code avant que l’entrée ne soit autorisée. Peut-on qualifier cela d'amélioration ?

Heureusement, la preuve papier alternative n’a pas été abolie et on voit certains membres âgés de notre communauté avoir le dernier mot sur leurs pairs plus jeunes lorsqu’ils produisent plus rapidement leurs copies papier de ce code et sont immédiatement admis, sans chercher sur leurs téléphones.  Ce n’est que depuis un mois que l’entrée au grand hôpital public de Carcassonne, a mis en place une nouvelle gestion des patients. A l’accueil pour un rendez-vous, il était à l’origine nécessaire que l’on enregistre son arrivée, où une ou un réceptionniste, au visage amical et rassurant, effectuait l’enregistrement initial et les contrôles de sécurité avant de nous guider ensuite vers le service approprié pour le traitement. Cette méthode d'accueil est aujourd’hui remplacée par d'imposantes machines gérant l'arrivée des patients sous la forme d’enregistrement automatique où il suffit d’insérer sa Carte Vitale dans la machine et de suivre les instructions prétendues « simples » ? À vous donc de de taper votre date de naissance pour suivre ensuite toutes les directions pertinentes sur l’écran.

Heureusement, ces machines sont sous la tutelle des anciens membres du personnel administratif et soignant qui sont, comme toujours, d’une aide précieuse pour superviser ces nouvelles opérations. Cependant, aucun compte ne semble être tenu du grand nombre de patients âgés qui sont censés interagir avec de telles machines, dont beaucoup ont des problèmes de vue majeurs, ou encore pour les quelques malheureux analphabètes. Même dans les salles d’attente, diverses affiches nous demandent de scanner des codes QR pour nous donner accès à un système de soins et d’informations de santé dit « plus facile » et plus fiable. Doit-on accepter que sans posséder un téléphone intelligent nous soyons privé de ces soins et ces informations auxquels nous avons légitimement droit?  Avant de commencer à penser à ce progrès, arrêtons nous un instant pour penser aux implications plus graves qui doivent certainement affecter les effectifs hospitaliers. Qu’adviendra-t-il de ce personnel administratif lorsque la direction décidera que les machines auront finalement réussi à supprimer la nécessité d’une telle main-d’œuvre et que cela sera considéré comme un autre exercice de réduction des coûts ? Aujourd’hui, même dans les journaux télévisés, nous sommes fréquemment renvoyés à un Code QR à l’écran pour nous permettre d’obtenir des informations complémentaires sur les sujets abordés. 

Accompagnées d’une série de Codes QR, sans avoir besoin d’employer un présentateur peut nous informer des événements mondiaux quotidiens. On ne veut pas donner l’impression de rejeter la nécessité du progrès sur le monde de la communication, mais n’oublions jamais les implications et la protection de nos postes de travail. On voit encore mal comment une machine peut remplacer un visage amical et rassurant que nous offre un être humain. Comme on l’a souvent dit ces derniers temp avec les restrictions de déplacements, l’appel "Zoom" ou "Skype" ne pourra jamais remplacer la capacité d’une mère à serrer dans ses bras son fils ou sa fille qui peut résider à plusieurs kilomètres et qui n’a pas pu se déplacer.

Alfred W.