L'événement Total Festum a déjà commencé dans les villages et se poursuit ce week-end,  notamment à La Redorte. Ce festival régional qui se déroule dans de nombreux villages du Minervois en est à sa douzième édition. Il a vocation à promouvoir la culture occitane tant du point de vue artistique, historique, culinaire ou encore
du patrimoine. Une façon de découvrir les us et coutumes du territoire dans un esprit festif qui devrait attirer un public divers composé de gens "du cru" et "d'estrangers".  A l'heure où les questions d'identité sont omniprésentes dans la société,  ce type d'événement a un rôle important à jouer : faire du lien. Faire découvrir sa culture à l'autre est le début du partage car donner et recevoir sont les bases des relations sociales. Total Festum n'a pas pour but de marquer une frontière entre gens d'ici et néoruraux, il cherche à servir de tremplin pour mieux se connaître. C'est toute la subtilité de la question de l'identité, car on peut mettre en avant une culture dans le souci de partager avec autrui qui l'on est, mais aussi (et c'est plus fâcheux) pour faire ressortir un sentiment nationaliste ou régionaliste extrême.
La plupart des défenseurs de l'occitan ne souhaite pas imposer leur culture ou leur langue, mais simplement la faire vivre et la montrer aux nouveaux arrivants pour les inviter dans la danse. Le fait de comprendre la construction sociale et culturelle d'une personne rend la relation plus aisée : la xénophobie (ou même le sexisme) ne naît-elle pas de l'incompréhension de l'autre ? Ici, en terme d'événement culturel, on trouve de plus en plus de manifestations variées. Aujourd'hui dans les villages, on trouve toujours les traditionnelles fêtes de village, mais apparaissent aussi des fêtes internationales qui cherchent à faire également découvrir aux locaux les intérêts des cultures plus lointaines. Qu'est ce que la fête des voisins, si ce n'est le désir de se rencontrer, de faire découvrir ses spécialités ?
La culture occitane d'aujourd'hui porte en elle un mélange de tradition et de modernité et c'est probablement ainsi qu'elle pourra continuer d'exister. Vendredi et samedi à La Redorte, on trouvera par exemple du rap, du dub ou une fanfare punk rock, le tout en occitan ! On est loin de l'image d'Epinal. La promotion de la culture locale n'est pas archaïque dans la mesure où elle s'ouvre à l'extérieur et se prend au jeu du métissage. C'est par ce savant mélange que la culture occitane s'écrira au futur. A contrario, si elle se replie sur elle-même, elle prendra des allures sectaires et creusera sa propre tombe...
Au fait, on vote pour les législatives dimanche : pour l'ouverture ou pour le repli ?
Nicolas Faure