Et de deux ! C'est bel et bien un nouveau confinement qui vient d'être imposé sur tout le territoire national métropolitain. Cependant, même s'il diffère de celui du printemps dernier par des « libertés » plus importantes (si on considère que de travailler et étudier soient des libertés dans notre monde d'après) ce nouveau confinement souffre des mêmes déficiences que le premier, soit un manque de préparation total et une communication gouvernementale mensongère et chaotique.

Alors qu'Olivier Veran, Ministre de la Santé ne cesse d'assurer que de garder les écoles ouvertes ne nuit en rien au ralentissement de la fameuse deuxième vague, Jérôme Salomon, médecin infectiologue, Directeur Générale de la Santé, affirme lui que les effets de ce confinement allégé ne seront observables que si on les ferme. Belle coordination de communication et surtout, rien de tel pour se parer d'une crédibilité depuis longtemps écornée auprès des citoyens français, qui ne savent plus à qui se fier. Il en va de même pour les masques « imposés » aux élèves du primaires de 6 à 10 ans. Là encore cette décision reflète un amateurisme assumé, puisque selon les termes de l'annexe du décret, le port du masque pour les enfants du primaire n'est tout simplement pas obligatoire dans la loi mais simplement requis « dans la mesure du possible » (II. - L'obligation de porter un masque de protection mentionnée au présent décret s'applique aux personnes de onze ans ou plus, ainsi que dans les cas mentionnés aux 3° et 5° du II de l'article 36. Elle s'applique également aux enfants de 6 à 10 ans dans les autres cas, dans la mesure du possible.) Aucune obligation donc dans le texte de loi, malgré les déclarations si catégoriques du ministre de l'éducation Nationale imposant à des millions d'enfants de supporter un masque à longueur de journée.

Alors que, comme lors du premier confinement, les français se sont pliés aux exigences sanitaires, on remarque que cette nouvelle édition ne fait pas autant l'unanimité et pour cause. Si on ajoute à ces inconsistances, l'obligation de fermeture des petits commences au détriment des grandes surfaces (même si des arrêtés en limite maintenant les rayons ouverts au public), celle des restaurants, bars et boîte de nuit, la population française ne gardera pas son calme longtemps. Nos voisins, italiens et espagnols doivent déjà affronter des manifestations de grogne populaire. Enfin, cerise sur le gâteau, suite à l'horrible attentat contre Samuel Paty, le ministre de l'Éducation a là encore manqué une occasion de rattraper son déficit de popularité auprès des professeurs. En imposant une certaine « façon » de rendre hommage, tout en laissant la profession se débrouiller avec trois fois rien pour mettre en place des mesures sanitaires en milieu scolaire, s'en était trop (voir leur communiqué dans les pages de notre journal). Le gouvernement se plait à assumer ses prises de décisions quand cela les sert, mais rien de tel que la délégation lorsque les mesures imposées ne sont pas populaires. Encore une fois, rien de tel pour semer confusion, frustration et colère (pour l'instant encore contenues) dans une population déjà à cran. Combien de temps  encore avant que cette docile soumission ne se transforme en ras le bol?

Tristan Geoffroy

PS: S'il vous prend l'envie de passer au travers du décret, c'est par ici