Le proverbe : « Diviser pour mieux régner » n'a jamais été aussi vrai que depuis quelques mois. Alors que la crise pandémique continue d'alimenter les chaînes d'information continue (si on peut encore appeler cela de l'information), les nouvelles diffusées n'ont de cesse que de scléroser la société en une multitude de groupes dont il faudrait à tout prix se réclamer. Au 21ème siècle, si on n'a pas d'étiquette ou de groupe d'appartenance on devient forcément louche. On retrouve donc au menu, des pros et des anti d'à peu près tout ce qui rythme nos quotidiens. Pour ou contre les masques, les gilets jaunes, les religions, le bio, les vaccins, les sapins de Noël, le Tour de France, les conspirations, j'en passe et des meilleures. Dans un contexte mondial où les divisions sont toujours plus marquées, rien de tel que des débats totalement absurdes, mais ô combien clivant, afin de faire diversion et d'attirer l'attention sur d'autres sujets que les réels problèmes qui ne font plus juste que de se profiler à l'horizon. 37 degrés mi-septembre ? Juste une histoire de quelques minutes durant la météo. Des réfugiés qui continuent de se noyer par centaines en Méditerranée pour rejoindre l'Europe qui ne se presse toujours pas de mettre en place une politique migratoire commune ? Pas grave, ils sont tous coincés sur des îles grecques dont tout le monde se fout. La privatisation en devenir du patrimoine national payé par des années d'impôts par la population française ? Tant mieux, ce n'était pas rentable de toutes façons. Des milliards de fraude par les grandes entreprises et de l'évasion fiscale à des taux records ? Mais non, ce sont les pauvres au RSA qui grèvent le budget du pays. Une forêt amazonienne à la veille de ne pouvoir se renouveler d'elle même tant les incendies volontaires la détruisent afin de pouvoir faire pousser du soja, mais regardons plutôt les feux de forêts sur la côte Ouest américaine. Des océans à l'agonie avec plus de plastique que de poissons, mais il faudrait plutôt penser aux emplois qu'il faut sauver dans le secteur de la pêche. Autant d'affirmations et de débats stériles qui occupent un temps d'antenne (ou d'attention médiatique en général) qui pourrait être mis à profit pour se soucier d'un monde qui glisse dangereusement vers un nombre sans cesse grandissant de points de non retour. Alors que certains crient depuis des lustres que l'on va dans le mur, il serait peut-être tant d'arrêter de se disperser, réfléchir tous ensemble et parler d'une seule voix afin de se rendre compte que nous y sommes bel et bien, au pied du mur.

Tristan Geoffroy