Un plan de relance de la Région Occitanie a été annoncé pour les vignerons. L’Occitanie est la plus grosse région viticole du monde sur les indications géographiques (93 appellations dont 59 AOP) et la plus importante en France avec ses 270 000 ha. Forte d’une gouvernance réputée concernée par le bio, le local, son agriculture et ses circuits courts, elle complète souvent, prolonge parfois, les aides de l’État pour tenir sa viticulture hors d’atteinte. Elle avait conservé les aides pour les bio et soutient l’alimentaire de proximité. On s’est ainsi laissé aller à penser qu’un autre monde serait d’actualité à l’échelle de la Région pour entamer la sortie de crise. Pour commencer, on espérait voir comment les entreprises viticoles allaient être soutenues. Le marasme actuel n’en finit pas. En effet, avec le confinement, les plus petits marchés des vins ont le plus souffert (-80% pour les circuits courts), la grande distribution récupérant les précieuses parts. Tout un pan de la commercialisation s’est arrêté. Ainsi, en pleine floraison, de nombreuses cuves sont pleines et les touristes ne sont pas là… Alors la région sort les millions pour relancer la machine. Elle se fera sur base de contractualisation. Pour un euro engagé, un euro sera apporté. Vite fait, il n’est pas difficile de comprendre qu’une logique d’aides aux plus riches est de mise. Au plus tu peux investir, au plus on t’aide… Sans gage de qualité, d’éthique ou de protection de l’environnement par exemple. Il faut juste relancer les plus grosses machines pour qu’elles restent toujours les plus grosses. Premiers de cordée ? Pas étonnant quand on voit les partenaires invités à la table de travail depuis un an : syndicats des indépendants, des jeunes et des coopérateurs, chambre d’agriculture, Sud de France, interprofessionnels... Sans omettre le plus gros viti de la région, venu représenter son propre domaine, en toute simplicité.  Pas de Confédération paysanne, de Biocivam, ou autres représentants de ceux qui s’activent à sauver les sols et la biodiversité. On n'en a pas fini du monde cruel.

Catherine Jauffred