Du béton, de l'eau et des morts. Une crue plus que centenaire du fleuve Aude et de torrents de montagne ravageurs, font émerger des phénomènes complexes.
Les causes premières de cette catastrophe sont évidemment les pluies torrentielles concentrées dans un temps et un espace particulièrement serrés. Mais au-delà de cette force naturelle sur laquelle le changement climatique va agir dans les prochaines années, le silence résonne au dessus des eaux. Des élus concernés interrogés ont fait état du craquement du barrage de Pezens. Mais aucune information n'a, elle, cédé au poids de l'enjeu. La vague crainte n'est pas venue et heureusement. De ce barrage, on en saura peu. Sur l'Aude en vadrouille et en expansion dans les terres, sur les rivières en crue, les hydrologues craignent la récurrence. Ils relatent comment à force de sortir avec puissance de leur lit dans lesquels ils sont cantonnés par la pression urbaine, les cours d'eau ont tendance à vouloir revenir dans leur chemin historique. Il faudra anticiper dans les années à venir comment l'eau revient dans le village à l'endroit des constructions. Comme enjeu aussi, la gestion des informations sur l'état des routes. Aujourd'hui les services techniques sont départementaux et par conséquent toutes les informations et donc, la prévention des populations, sont suspendues à cette constance. Alors que le phénomène est intradépartemental, les informations et la gestion restent départementales. Et au moment où dans l'Aude toutes les informations étaient portées à la connaissance de tous, les services de l'Hérault ne donnaient aucune information sur la situation de ses routes. Une gestion intradépartementale serait bienvenue surtout pour un territoire comme le Minervois.

Catherine Jauffred