Si l'industrialisation de l'alimentation a répondu à une transformation de la société, elle est aujourd'hui devenue un modèle dont les Français se détachent de plus en plus. En cause, les nombreux scandales alimentaires qui, petit à petit, ont mis à jour les dysfonctionnements de ce système et la dangerosité de
certains produits. De plus, pour produire à grande échelle, l'industrie agroalimentaire a inventé les pesticides, sources de bien des maladies et d'une pollution à grande échelle. Aujourd'hui, la plupart des citoyens souhaiterait se nourrir mieux. Nombreux sont ceux à essayer de faire attention à leurs achats : éviter les conservateurs E, l'huile de palme responsable de la déforestation en masse, OGM, etc. Au regard de la demande croissante, pourquoi la consommation bio reste minoritaire ? Longtemps, l'alimentation biologique était onéreuse. Aujourd'hui encore, il revient généralement plus cher de bien manger, même si les prix sont plus raisonnables et que des alternatives comme les circuits courts et autres Amap (Association pour le maintien de l'agriculture paysanne) se sont développés. Malheureusement, il n'est pas toujours aisé d'y avoir accès et cela peut demander un effort
financier que tous ne peuvent se permettre. Dans une grande surface, les produits bio restent plus onéreux que les autres. Simplement d'un point de vue de santé publique, n'est-ce pas un scandale ? Pourtant certains maraîchages d'ici ont montré que le bio était possible à bas prix, à partir du moment où  les intermédiaires de type grande enseigne sont évités. Beaucoup de citoyens attendent que les pouvoirs  publics se saisissent du dossier et donnent des directives fortes. Mais pour cela, il faut se détacher des lobbies agroalimentaires et inventer une nouvelle façon de consommer, une nouvelle économie agricole. Pour la santé, pour l'écologie et même l'économie, ça ne peut plus attendre.
Nicolas Faure