Sans trop insister sur les danses du moment, il y a bien un petit air rock'n’roll dans les listes à l'assaut de nos mairies. Jusqu'à présent, on sentait plutôt le front calme, timide. Se dessinaient globalement deux rives. Sur la première, tranquilles et silencieux, les conventionnels. Plutôt bandas et saucisses grillées, leur programme s'appelle profession de foi. Histoire d'invoquer les transcendances, évidences divines où les élus prendraient place par simple évocation. Sur l'autre rive, on parle “projets” lors de petites fêtes. Tapas et tartes. Le beau monde se déhanche au son d’airs branchés sans sulfites. Jusque-là, tout allait bien, on avait repéré qui voulait quoi. Les visions pragmatiques, "faut pas rêver, on n'a plus aucun moyen à cette échelle", ou les visions contingentes, "rêvons suffisamment grand car à cette échelle le changement est possible ". Il était aisé de comprendre ce qui se dessinait pour le Minervois : des villages traditionnels et des villages “nouvelle mouture”. Mais le dessein de la fête est beaucoup plus tordu. Pas étonnant alliez-vous dire, rien de noir ou blanc dans la vraie vie. Donc, dans le Minervois vrai, c’est un grand mélange qui se prépare. Et sur les platines, tourne déjà un grand remix de conventionnel au rythme participatif. Sauf quelques ringards qui n'ont rien compris aux tendances actuelles, qui n'ont pas ouvert ni oreilles ni radio depuis quelques années, pour de nombreux candidats, et même des plus “tradi”, l'ouverture à une autre démocratie s’impose. L’envie de communication et de concertation fait partie du nouveau jeu électoral. Aujourd'hui, visiblement, les élus ne veulent plus danser seuls dans leur coin, laissant le village poireauter dans la salle des fêtes. Dans de nombreux programmes, les futurs DJ proposent de tenir compte des envies du village. Et ce qui apparaît, ce sont des listes bien plus mélangées et une envie commune de faire la fête ensemble. Bon, rien n’est encore fait...
Catherine Jauffred