Marcel qui fait du bio, Marcel Bio qui vient des Alpes et qui transforme les fruits et légumes de ses terres en soupes et jus, est venu il y a quelques années s’occuper des jus de fruits du Somail quand ils étaient en train de péricliter. Depuis, au Somail, les producteurs produisent des jus en quantité importante et les producteurs ont été sauvés. Marcel est venu ce week-end partager son expérience et son inquiétude au super festival de Ginestas “Planète Art”. Lui qui est passé au bio et le défend, se demande comment on va trouver demain les 300 000 agriculteurs dont on aura besoin d’ici quelques décennies, s’il plane au-dessus une forte stigmatisation et qu’un procès leur est fait (ils manifestent aujourd’hui mardi 24). Ils sont au plus proche de la nature et soupçonnés, pour la plupart, de nuire à notre environnement et à notre santé. Aujourd’hui, ils représentent moins de 3% de la population et 94% d’entre eux sont en conventionnels. Sur eux, repose un enjeu considérable : notre assiette et notre écosystème ! Rien que ça ! Indéniablement le bio entre dans les coutumes et c’est tant mieux. De plus en plus de monde aspire à mieux manger, ce qui représente même une aubaine économique et sociale. Mais la population en majorité reste au-delà de ces préoccupations. Ils sont encore très nombreux, j’imagine, parmi les consommateurs, à ne même plus savoir où placer leur vérité. Mais comment trouver une voie possible pour que se généralise une amélioration et une confiance ? Les choses avancent sur de nombreux points et on dit qu’il ne faut pas cliver. On dit aussi que la presse cache les réalités. Mais la vérité n’est-elle pas que l’enjeu de l’agriculture dépasse largement les champs, la santé et l’image des agriculteurs ? Que l’économie en a fait son jeu et les politiques en ont fait leur loi ? Que le monde des phytosanitaires est ultra corrompu, et que, par conséquent, le jeu est faussé. Si le clivage est décrié, il est une nécessaire ligne de front pour lutter contre le mensonge. C’est bien celui-là qui, aujourd’hui, fait loi. Car si l’agriculture s’améliore d’un côté, elle se dégrade d’un autre.
Catherine Jauffred