Un jeune quarantenaire originaire du Minervois me parlait de son village, celui-là même où j’habite. Il m’expliquait que lorsqu’il avait été question pour lui de faire sa maison, son village natal ne proposait pas de terrain à bâtir. Par conséquent il s’était rabattu sur le village voisin où il a retrouvé un certain nombre de personnes de son âge dans la même situation que lui. Il y a construit sa petite maison. Les jeunes Minervois ont voulu sortir des villages délaissant les maisons des centres-bourgs. Pour répondre à
leurs envies, il fallait alors une politique d’extension pouvant déséquilibrer l’urbanisme et vider les quartiers historiques. Ces derniers suscitent davantage le désir d’habiter de néo-ruraux. Ceux-là même qui rêvent de pierres et d’histoire pendant que les jeunes du crus recherchent un habitat plus moderne. Tout le monde se retrouve en revanche sur une envie d’espaces extérieurs et de maisons individuelles. Pour demain, la tendance devra évoluer pour répondre aux contraintes écologiques. Moins de béton, plus de réhabilitation. Pour avancer, les volontés politique et sociale devront s’accorder. Recréer des espaces privatifs et communs avec un effort sur les aménagements des centres.
Catherine Jauffred