Avec cette maudite crise sanitaire qui n'en finit plus de finir, force est de constater que notre modèle de société n'y est clairement pas adapté. Dans notre « vie quotidienne moderne » nulle place pour le temps long à tous les niveaux, qu'il soit social, politique, et surtout économique. Tout doit aller vite, être efficace, efficient et rentable. Des mots qui paraissent bien loin de notre réalité actuelle, alors que même le gouvernement, pourtant si frileux au départ dans les dépenses de santé et sociales, affiche fièrement son « quoi qu'il en coûte ». Mais combien de temps pourra t-on encore distordre cette réalité économique et repousser l’inéluctable reprise normale de notre société si c'est encore une option viable? En plein grand écart entre avis scientifiques, avis économiques et ras le bol social, les politiques gouvernementales ont encore du mal à trouver leur rythme, tout se faisant le plus souvent dans la précipitation et surtout en réaction plutôt qu'en prévention comme l'a laissé supposer cette énième intervention (plus anxiogène qu'utile) du premier ministre vendredi dernier. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas l'air très d'accord avec les mots qu'il prononçait, mots venant directement du président bien évidemment. Alors, sans malheureusement d'autres options possibles, il va falloir s'habituer à apprendre à vivre avec cette notion de temps qui s'étire indéfiniment, repoussant toujours plus loin le retour des jours « normaux ». Un temps « long » doublé d'un temps d'incertitudes cumulées sur autant de sujets que peuvent en compter nos vies. À chacun(e) d'entre nous de continuer à nous faire violence et d'envisager de modifier nos comportements afin que ceux-ci soient un peu plus en corrélation avec ce rythme imposé ô combien désagréable, histoire de subir un peu moins durement ces confinements à répétition. N'y a t-il pas d'autres moyens de vivre que de courir après les soldes dans l'urgence de retrouver un semblant de "vie d'avant"?

Tristan Geoffroy