Depuis février 2022, la France tente de se débarrasser de l’horrible problème des contenants en plastique. Ces dernières années, nous avons tous vus sur nos écrans de télévision les scènes attristantes de rivières et de mers envahies de déchets plastiques. Ce sont devenus de véritables cauchemars flottants, causant des blessures mortelles aux poissons de toutes les espèces, y compris les cétacés comme les dauphins et les baleines. Ce problème est si grave que certaines rivières sont devenues impossible à naviguer ce qui les impropres à la pêche. De ce fait, surviennent alors la famine et les déplacements forcés de milliers de personnes dont la survie dépends depuis toujours de leur capacité à pêcher. Ce qui est stupéfiant, c’est que le plastique lui-même n’a été créé qu’au début du XXe siècle. Depuis lors, son utilisation de mille et une façons a littéralement explosé. Sa commodité et son faible coût en a fait un produit à usages multiples.

De récentes études ont démontré que de minuscules particules de plastique invisibles sont inhalées régulièrement par beaucoup d’entre nous au cours de notre vie quotidienne et les conséquences en sont encore inconnues. Ce n’est qu’en 2002 que le Bangladesh est devenu le premier pays au monde à interdire totalement la production de sacs en plastique, réalisant que ceux-ci, ainsi que d’autres produits plastique comme les bouteilles et autres contenants, causaient des problèmes supplémentaires dans de nombreuses villes, car ils bloquaient complètement les systèmes de drainage et les rivières, entraînant des inondations catastrophiques suite aux répercussions plus intenses des changements climatiques.

Face à la recrudescence de ces phénomènes, toutes les nations du monde ont rapidement reconnu qu’il s’agissait d’un problème international et divers forums mondiaux se sont mis d’accord sur la nécessité de nous débarrasser des plastiques à usages uniques. Les nations occidentales ont donc fixé un calendrier fixant une interdiction complète de la production dédits produits. Le président Macron a déclaré une interdiction totale de ces produits en plastique à partir de 2040. Cela peut sembler loin, mais c’est probablement un objectif réaliste, bien qu’en aucun cas facile. Ces derniers temps, nous avons assisté à la disparition des sacs plastique qui, jusqu’à très récemment, étaient distribués gratuitement aux caisses de la quasi-totalité des supermarchés. L'emballage de certains fruits et légumes tels que les tomates cerises, les haricots, les pêches et autres produits dans des contenants en plastique sera totalement interdite à partir de 2023. Suivront ensuite les asperges, champignons et certaines salades à partir de 2024 puis enfin les framboises, fraises et autres petits fruits à partir de 2026. On ne peut que s’empresser d’ajouter que de telles réglementations, presque aussi variées et complexes que celles appliquées à la pandémie de Covid, doivent être un cauchemar aussi pour les producteurs et les distributeurs. Il faut espérer que les autorités chargées de mettre en œuvre ces règles appliqueront une certaine mesure de compréhension et de bon sens et qu’aucune poursuite ne sera nécessaire.

La première question qui se pose maintenant est de savoir qui va supporter les coûts de tels changements ? Alors que nous sommes tous conscients de la nécessité d'un changement, quelqu’un doit payer, et il ne fait aucun doute que ces coûts seront d’abord supportés par les consommateurs. Bien que le plastique dans sa forme la plus complète ne soit pas biodégradable, des combinaisons de celui-ci avec des produits végétaux peuvent l’être, mais seulement dans une mesure limitée.  De nombreuses recherches sont actuellement en cours dans le but de produire une alternative purement végétale, mais les qualités imperméables nécessaires combinées à la résistance et au coût éventuel demanderont encore beaucoup de travail avant d'offrir une alternative satisfaisante.  Peut-être est-il temps pour nous de revenir en arrière lorsque nos parents n’avaient pas le réflexe des sacs en plastique et se contentaient de rapporter à la maison tous les produits non emballés dans leurs propres paniers ou sacs fait à la main.  Serait-ce le petit effort à fournir pour aider à réduire certains problèmes de plastique ?

Alfred Wilmot