Il y aurait deux poids deux mesures dans la gestion des risques sanitaires des populations. D’un côté,
au niveau individuel, les mesures préventives se sont renforcées à tel point qu'aucun groupe scolaire ou associatif ne peut plus faire grand chose par précaution, d'un autre côté, les pollutions des terres et des cours d'eau ne font l'objet d'aucune prévention sanitaire adaptée et aucune dépollution de site post-industriel n’est au programme. Fos-sur-Mer, Narbonne-Malvési, Salsigne… Ces terres contiennent des produits toxiques pour la santé des riverains, au-delà même des seuils acceptables et sans que l'Etat ne prenne les mesures qui s'imposent. Seules les associations les plus énervées s’en inquiètent et sollicitent les médias. Lors de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986 les Services de protection contre les rayons ionisants affirmaient que la santé n'était pas menacée en France. Les médias avaient rapporté que le nuage n'avait pas franchi la frontière française… Plus de trente ans plus tard, alors que l'ancienne mine d'or et d'arsenic de Salsigne en amont de la plaine de l'Aude continue de polluer les terres et l’Orbieu, les mobilisations ne se concentrent que sur un espace restreint. Trèbes, où l'Orbieu se jette dans l’Aude, a demandé à faire partie des zones étudiées. Il faudrait gober que toutes ces doses d'Arsenic ne franchissent pas la berge, restent bien sagement dans l’Orbieu et ne s'écoulent pas dans les alluvions de la plaine audoise. L'Etat affirme quand même que dans l'eau de l'Orbieu, il n'y aurait pas de surdose d'arsenic, alors que toutes les analyses des terres de la vallée attestent le contraire.
Si l'eau est polluée, elle l’est alors bien plus loin que la zone considérée.

Catherine Jauffred