J’ai beau chercher, je n’ai trouvé aucun signe ostentatoire de soumission féminine dans nos villages. Bien au contraire.
Enfin si c’est bien ça que le gouvernement traque... (D’ailleurs ne vaudrait-il pas mieux aborder le sujet davantage par les valeurs et les enseignements que focaliser sur les cache-nez ou cache-cheveux, matérialisation hasardeuse de principes très différents sur lesquels toute interprétation ne reste qu’interprétation...)
A bien observer nos concitoyens, j’ai pu toutefois découvrir de nombreux signes distinctifs de croyances et dogmes à partir desquels j’ai pu imaginer l’expression de leur foi. J’ai vu des charentaises persistantes, signes distinctifs d’un mouvement ô combien conservateur et enclin au “çasuffisme”. Rien que des gens nourris de livres tendancieux, “c’était mieux avant”, appartenant à une dangereuse mouvance.
Un mouvement qui se refuse l’optimisme et autres désirs de changement. Dangereux pour les hommes et pour les femmes, pire pour les enfants. J’ai aussi vu des groupes de filles laissant pousser les poils de leurs deux jambes et aisselles. Ces dernières ont (bien heureusement) été déjà stigmatisées au sein même de leur communauté. Rejetées par de nombreux hommes (et même par les plus poilus et autre “peluts”), elles mettent en péril l’affirmation masculine et ainsi tous les symboles d’autorité nécessaire à la bonne marche du monde. Il y a aussi le retour de la moustache et de la barbe, signes distinctifs de masculinisme et du refus catégorique de se montrer tel quel dans son individualité. Tous les barbus se ressemblent, un vrai danger pour l’individualisme victorieux de nos sociétés.
Ne parlons même plus des femmes en pantalon, des petites-filles arborant des hauts de maillots, des grand-mères en perfecto, des hommes avec des queues de cheval… Autant de signes que la société va mal. Ah, quand les gens ont tendance à se distinguer et à montrer une appartenance...
Liberté : danger !
Catherine Jauffred