Les affrontements médiatico-politiques autour de la promotion des terroirs et l'action des lobbies viticoles ou hygiénistes brouillent les pistes plutôt qu'ils n'éclairent les masses.
D’un côté, la vision restrictive du monde de la santé, et de l’autre, une vision romanesque posée par les vignerons. Si la politique est une histoire de lignes d'affrontement et de rapports de force, il y a des sujets qui montrent à quel point aborder un sujet d'une manière manichéenne éloigne de la logique et du bon sens. Le vin n'est ni bon ni mauvais, il est bon et mauvais. Comme le disent les chansons, l’art et les bons vivants. Le problème est que pour porter la voix au-dessus des autres, les différents camps jouent excessivement de radicalité. La consommation quotidienne de vin peut engendrer l'addiction, peut entraîner maintes pathologies ; pourtant le vin a aussi maintes vertus. Quelles positions pourraient adopter les professionnels de la santé, les politiciens et les vignerons face à ces différents enjeux ? Assurément ils ont choisi de mettre en avant les pressions et les dénis, loin d’assurer une présentation claire et honnête. Produisant comme principaux effets la perte de crédibilité des professionnels du vin, une défiance vis-à-vis des politiques et de l’hygiénisme des médecins. Sans oublier que le vin est constitutif de nombreux territoires : ne pas le considérer comme un produit particulier piétinerait des millénaires d’histoire et l’avenir de millions de passionnés.

Catherine Jauffred